« La Racine du Mal » : différence entre les versions

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== Cendragon ==


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=== Le Puit du Fou ===
=== La Colline du Hêtre ===
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Expédition en terre inconnue… <br>
Expédition en terre inconnue… <br>
C'est le sentiment général qui se dégage lorsque le groupe progresse avec une facilité déconcertante dans les décombres calcinés de leur citée rendue méconnaissable. Une zone connue plus tard sous le nom de Cendragon au vu de la dévastation causée. Popol doit connaitre son affaire, car après plusieurs heures, maintes haltes discrètes, détours et aucune rencontre désagréable, ils arrivent à une vaste zone de terrain ouvert : une étendue de terre meuble et fraichement travaillée. Ne manque que les semeuses, puisqu'il y a déjà les corbeaux. Il n'y subsiste strictement aucune trace visible de ce qui faisait l'un des quartiers les plus vivants de la capitale, ni le champ de ruines qu'ils viennent de traverser, ni même un corps, la terre est simplement mise à nue. Monica, qui l'avait observée à distance, n'avait elle-même aucune explication à fournir sur cette singularité. Seul se dresse un modeste bâtiment de pierre sombre aux ouvertures béantes à un jet de pierre de la colline, tel le triste et ultime chicot d'un indigent.
C'est le sentiment général qui se dégage lorsque le groupe progresse avec une facilité déconcertante dans les décombres calcinés de leur citée rendue méconnaissable. Une zone connue plus tard sous le nom de Cendragon au vu de la dévastation causée. Popol doit connaitre son affaire, car après plusieurs heures, maintes haltes discrètes, détours et aucune rencontre désagréable, ils arrivent à une vaste zone de terrain ouvert : une étendue de terre meuble et fraichement travaillée. Ne manque que les semeuses, puisqu'il y a déjà les corbeaux. Il n'y subsiste strictement aucune trace visible de ce qui faisait l'un des quartiers les plus vivants de la capitale, ni le champ de ruines qu'ils viennent de traverser, ni même un corps, la terre est simplement mise à nue. Monica, qui l'avait observée à distance, n'avait elle-même aucune explication à fournir sur cette singularité. Seul se dresse un modeste bâtiment de pierre sombre aux ouvertures béantes à un jet de pierre de la colline, tel le triste et ultime chicot d'un indigent.
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Che Sapel Popol...
Che Sapel Popol...
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Laissant cela pour plus tard, ils se rendent au bâtiment qui, après un examen sommaire, s'avère être l'étage d'une structure enfouie plus importante. Une douzaine de pas de côté. Il n'en reste que les murs percés d'ouvertures partiellement enterrées et une autre, au centre, menant à un niveau inférieur. La construction est simple, sans style distinctif et aux proportions anormalement grandes avec ses voutes à presque 10 mètres. En inspectant les alentours, Murtoch a la confirmation qu'il avait bien noté des mouvements, la nuit précédente, lorsque Monica leur avait révélé le lieu à l'aide d'un bassin de claire vision. A nouveau, ces traces de pas d'enfant autour, mais qui s'introduisent également dans le bâtiment.<br>
Laissant cela pour plus tard, ils se rendent au bâtiment qui, après un examen sommaire, s'avère être l'étage d'une structure enfouie plus importante. Une douzaine de pas de côté. Il n'en reste que les murs percés d'ouvertures partiellement enterrées et une autre, au centre, menant à un niveau inférieur. La construction est simple, sans style distinctif et aux proportions anormalement grandes avec ses voutes à presque 10 mètres. En inspectant les alentours, Murtoch a la confirmation qu'il avait bien noté des mouvements, la nuit précédente, lorsque Monica leur avait révélé le lieu à l'aide d'un bassin de claire vision. A nouveau, ces traces de pas d'enfant autour, mais qui s'introduisent également dans le bâtiment.<br>
Sans être une promenade de santé, l'exploration tient, au pire, de la difficulté d'une balade en montagne un peu escarpée. Rien qui ne saurait arrêter nos citadins audacieux…
Sans être une promenade de santé, l'exploration tient, au pire, de la difficulté d'une balade en montagne un peu escarpée. Rien qui ne saurait arrêter nos citadins audacieux…
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L'ensemble lui fait l'effet d'être enterré vivant, ou de l'être sous peu. Surtout cette impression atroce d'entendre comme les murmures discrets, à la limite de l'audible, d'une litanie incompréhensible et rauque… Qui s'accorde parfaitement avec les fresques primitives qui ornent les murs. Autant de tâches, traces et symboles abstraits d'origine inconnue et étrangement dérangeants. Tous les sens en alerte, il a même l'impression subjective de distinguer comme l'écho de martèlement de sabots, perdus dans le lointain des profondeurs. Serait-ce une nouvelle hallucination, ce sentiment que l'obscurité l'observe depuis les arches ?
L'ensemble lui fait l'effet d'être enterré vivant, ou de l'être sous peu. Surtout cette impression atroce d'entendre comme les murmures discrets, à la limite de l'audible, d'une litanie incompréhensible et rauque… Qui s'accorde parfaitement avec les fresques primitives qui ornent les murs. Autant de tâches, traces et symboles abstraits d'origine inconnue et étrangement dérangeants. Tous les sens en alerte, il a même l'impression subjective de distinguer comme l'écho de martèlement de sabots, perdus dans le lointain des profondeurs. Serait-ce une nouvelle hallucination, ce sentiment que l'obscurité l'observe depuis les arches ?


C'en est trop ! Raisonnablement, une retraite précipitée serait hasardeuse pour le groupe par cette simple corde d'escalade. Comme tous les gosses, il a connu son content d'histoires d'horreur d'aventuriers téméraires explorateurs de tombeaux ouverts, avec certains assez vivants pour les raconter. Et c'est sans compter les prouesses athlétiques d'oncle Alric. Même pas sûr qu'il puisse remonter sa bedaine…<br>
C'en est trop ! Raisonnablement, une retraite précipitée serait hasardeuse pour le groupe par cette simple corde d'escalade. Comme tous les gosses, il a connu son content d'histoires d'horreur d'aventuriers téméraires explorateurs de tombeaux ouverts, dont certains encore assez vivants pour les raconter. Et c'est sans compter les prouesses athlétiques d'oncle Alric. Même pas sûr qu'il puisse remonter sa bedaine…<br>
Discrètement, avec une prudence hâtive, il se hisse le long de la corde pour faire un rapide compte rendu à ses compagnons. Ils remontent à la surface pour retrouver Theomer et Trixie qui assurent les arrières en savourant les restes de quelques maigres côtelettes de vieux mouton que leur a aimablement accordé un intendant du temple. Décision est finalement prise d'examiner le Puit du Fou.
Discrètement, avec une prudence hâtive, il se hisse le long de la corde pour faire un rapide compte rendu à ses compagnons. Ils remontent à la surface pour retrouver Theomer et Trixie qui assurent les arrières en savourant les restes de quelques maigres côtelettes de vieux mouton que leur a aimablement accordé un intendant du temple. Décision est finalement prise d'examiner le Puit du Fou.
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=== Le Puit du Fou ===
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Le mouton était daubé !..<br>
Une légère indisposition empêche malheureusement Theomer et Trixie de soutenir, autrement que verbalement, le groupe qui inspecte les abords du puit pendant qu'Alric en profite pour cueillir quelques fleurs. Rien de notable à leur sujet, si ce n'est que nul botaniste n'est nécessaire pour préciser que "des fleurs en cette saison ? Il gèle à pierre fendre !" Les choses sérieuses commencent...
 
Murtoch se propose de faire une reconnaissance et entame une descente prudente. La manœuvre n'oppose pas de réelle difficulté car le boyau de presque un mètre lui permet de s'arc-bouter aisément et des anfractuosités régulières semblent former une échelle maçonnée. Une corde sera cependant assurée pour les autres membres moins à l'aise dans ce genre de situation. Ayant descendu l'intégralité du conduit, il constate que celui-ci débouche sur une cavité partiellement inondée plus que suffisante pour s'y tenir debout à plusieurs ; même si les parties hors d'eau sont tapissées d'un monceau de pièces de monnaie variées, et d'époques diverses, qui doit les rendre hasardeuses. Deux tunnels en partent. La corde pend à un bon mètre au-dessus de la surface du réservoir d'eau claire qui semble naturel, peu profond et alimenté par plusieurs ruisseaux, ou l'inverse. Les choses leurs paraissent certainement trop simples…<br>
s'ensuit un conseil stratégique qui aboutit, après délibération, à l'élaboration d'un ingénieux système de Tyrolienne : la corde attachée à une poutre calée à mi-hauteur et tendue par Murtoch dans la grotte devrait permettre aux suivants de ne pas se mouiller les chausses. Si le plan d'action révèle les talents d'ébéniste arcanique d'Alric, le succès est cependant mitigé. Tout le monde arrive en bas, plus ou moins trempé, mais sans plus de dommages.<br>
L'un des tunnels, maçonné, s'oriente vers la construction souterraine qu'ils viennent de quitter, ils trouvent donc plus prudent d'explorer le second, d'aspect plus naturel, qui s'enfonce à l'opposé vers ce qui doit être le cœur du tertre. Après une trentaine de mètres de parois basaltiques ils débouchent sur une vaste caverne que doit constituer l'intégralité de la Colline du Hêtre, telle une gigantesque géode magmatique.
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Ils se sentent écrasés par le gigantisme de la caverne surréaliste qui se dévoile devant eux et réveille les souvenirs de fables sur l'Underdark qui font le tour des tavernes. Aisément plus vaste que la portée d'un arc long, pour un archer accompli. D'improbables troncs pétrifiés s'élancent vers les hauteurs, à une bonne quarantaine de mètres, où les ramures soutiennent une voute tapissée de cristaux d'un blanc laiteux qui illuminent la scène d'une clarté lunaire. A leurs pieds, une douce brise fait onduler un tapis floral du même blanc bleuté qui s'étend à perte de vue, mais dont la première impression bucolique est gâchée dès la découverte des nombreux ossements qui le parsèment. Plusieurs ruisseaux provenant d'autres tunnels semblent former un circuit complexe et concentrique. Tout semble indiquer que le centre est le point focal de l'ensemble par trop géométrique pour être parfaitement naturel. Les restes rougeoyant de plusieurs brasiers n'y suffisent qu'à souligner les contours de quatre statues monumentales aux mains jointes. Ces colosses bruts d'adamant et d'obsidienne semblant maintenir, ensemble, une chose encore indiscernable, tels les vainqueurs de quelque improbable trophée.
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''à compléter…''
Le regard attiré par Le mouvement de plusieurs créatures lumineuses dans le lointain, le groupe s'approche prudemment du centre de la grotte pour y découvrir que des mains réunies de ces "géants de pierre" s'écoule un filet d'un ichor noir et visqueux. Le processus leur parait antérieur à la catastrophe de plus d'une semaine, au vu du volume conséquent de liquide qui s'est accumulé en bloblotant au fond d'une large dépression sphérique creusée à l'aplomb. Ce n'est pas sans leur rappeler l'aspect huileux des Rakalinges.<br>
Les créatures, qu'ils discernent mieux à présent, ne semblent pas hostiles. Les quatre sortes de Yacks à trompe, courtes pattes et fourrure bleuté – ou, est-ce un effet de lumière ? - lévitent paresseusement un peu plus loin. Probablement deux adultes de presque deux mètres et leur portée. Le groupe arrive à la conclusion qu'ils sont sans doute la source de la lumière diffuse réfléchie par les cristaux de la voute.


=== ===
Sans plus de menace immédiate ni l'ombre d'une hésitation, inquiet de la source du liquide, Murtoch entreprend l'escalade d'une statue par la face nord. Puis progresse prudemment, à califourchon sur les avant-bras jusqu'aux mains réunies, attentif à ne pas chuter dans les sécrétions noirâtres, quelques six mètres plus bas.<br>
''à suivre...''
Depuis son poste d'observation culminant, il découvre premièrement que les ossements qui jonchent le sol, forment comme le motif en spirale d'une gigantesque coquille mais surtout que l'objet qui y est si précieusement maintenu semble de bois. Ils apprendront plus tard qu'il s'agit d'une cosse, de taille imposante. Dans celle-ci est fiché ce qui s'apparente au tranchant d'une lame de bronze. Un ouvrage brut, sans raffinement ni même de garde, mais qui n'est en rien responsable de l'écoulement, ils l'apprendront également plus tard. Sur la cosse est aussi badigeonnée ce que certains nommeraient, avec une certaine inquiétude, une rune de sang.
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Dans la ferveur de l'instant, n'écoutant que son courage et persuadé que la "lame" est la cause initiale de la présence des horreurs de la surface, tel Arthur au pied du roc, Murtoch tend une main peu assurée pour dégager la pièce de métal… avant de s'arrêter face aux invectives inquiètes de ses compagnons.<br>
Une branche, comme animée de vie propre, s'est mise à croitre avec une vigueur toute serpentine depuis l'un des piliers. Il n'aura fallu qu'un instant pour que s'épanouisse à son extrémité, jusque dans le dos de l'habile monte-en-l'air, ce qui ressemble à s'y méprendre au buste gracile d'une femme de bois... Après tout, il y a bien des hommes de paille.<br>
Sans le moindre contact, ni trace d'émotion dans son visage impassible aux yeux insondables, cette dernière l'arrête d'un geste tendre et gracieux… tout autant qu'impérieux.
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Version actuelle datée du 4 mars 2026 à 16:36


> 5 de Januarius...

De retour au campement des réfugiés, les provisions glanées au péril de leurs vies s’avèrent bien maigres pour les presque 5000 âmes qui se préparent à lever le camp dans les jours qui vont suivre. Une semaine de préparatifs serait plus que nécessaire pour épargner à tous une mort certaine lors de la traversée de cet enfer gelé, mais ils n'en ont pas le loisir. Des ravitaillements prudents s’organisent.
Les corps voutés et les visages austères témoignent des pertes de chacun, de chaque famille endeuillée, de chaque corps mutilé. Agglutinés autour des feux, des tentes de fortune, ces voisins, autant d’étrangers composent ce qu’il reste d’une population amère et vaincue. Mais comment combattre les cieux ?
Seuls de rares chants traditionnels s’élèvent du camp d’hivernage des quelques Varisiens restant. Contrairement à leur habitude, le gros du convoi s’est déjà éparpillé. Accoutumés à ces conditions, leur survie est loin d’être aussi précaire que celle des réfugiés, mais leur situation maintenant privilégiée et leur proximité, utile dans les premières heures, réveille certaines rancœurs anciennes.

C’est dans cette atmosphère délétère et leur survie immédiate assurée que Mira fait part aux autres membres de la maisonnée recomposée d’un détail qui l’a troublée en cette journée funeste : Le terrible rayon ne serait peut-être pas la raison principale ou unique de cette catastrophe... Lors de l’impact, pas moins de six colonnes de runes enflammées illuminant jusqu’aux cieux se sont élevées de divers quartiers de la citée. Propageant un déferlement de flammes incendiaires et suggérant le contour caractéristique des cercles d’abjuration ou d’invocation utilisés chez les siens pour contenir les élémentaires, mais d’une taille proprement aberrante. Cette vision fugace semblant corroborée par le fait qu’elle soit en mesure d’en décrypter certaines.

Décision est prise d’en toucher deux mots au capitaine Dietrich von Aldmark, faisant office d’autorité locale, et à la peine pour organiser un semblant d’ordre au sein des réfugiés à l’aide du peu d’hommes encore valides, ou vivants, sous ses ordres. Ce dernier leur demande d’en référer au campement de l’est, un peu mieux loti, qui abrite les reliquats de la garnison de la capitale et une cohorte s'étant matérialisée "spontanément" peu après la catastrophe. C’est chose faite dès le lendemain. Après (un polissage de marteau et) une bonne heure de marche par les sentiers enneigés à longer les remparts de la citée, ils arrivent au campement où la situation n’est finalement guère meilleure. Hormis les citoyens des quartiers dévastés, ce qu'il reste des troupes militaires est désorganisé, partagé entre la survie, les envies ou nécessité de pillage et la crainte de la légion… Qui brille par son absence. Les obligations y sont plus grandes envers les quelques familles d’influence et réfractaires à quitter leur logis, quant à ce qui est de courir les plaines gelées… Un planton leur indique de rejoindre une tour de guet, point de repère encore facilement discernable en bordure de la "Colline Blanche", l’un des derniers quartiers bourgeois encore debout. Ils pourront trouver une oreille plus instruite auprès de Corvellan, un mage de la garnison, ou des thaumaturges de la légion.

Rakalinge.jpg

La Colline Blanche[modifier]

Sans surprise, l'ambiance des contreforts de l'est n’est en rien comparable à celle des quartiers populaires, les rues sont calmes et le peu de personnes arpentant rapidement les rues aussi enjouées qu'à une procession funéraire. Si ce n'est certains habitants, probablement sous le choc, qui semblent totalement inconscients de la situation et essaient de maintenir un semblant d'activité normale... ou de profiter de la pénurie imminente. Les troupes éparses mais stratégiquement déployées semblent suffire à maintenir l'autorité impériale dans ce qui ressemble encore un tant soit peu à une ville. Cependant certaines rumeurs de disparitions inquiétantes laissent à penser que les rues seraient moins sûres de nuit, que des personnes se seraient changées en statues de cendres. Difficilement vérifiable en l’état, et dans le contexte actuel. C'est sans encombre que le groupe rejoint la tour… pour y constater que ce qu'ils prenaient pour un calme relatif n'était effectivement que le résultat d'un sentiment d'oppression et d'une menace latente.
Alertés par des hurlements et bruits d'affrontement au détour d'une pâté de maisons, ils se précipitent pour prêter main forte à une patrouille de miliciens qui essaient de sauver des citadins aux prises avec une entité d'outre-monde… rapidement rejointe par une seconde.

Adalbert.jpg
Ces moqueries de squelettes dégoulinants de matière noire et visqueuse se trainent de façon grotesque dans les flaques de leurs propres sécrétions, le corps parsemé d’éclats tranchants semblables à l’obsidienne, renvoyant autant d’images improbables et angoissantes. Leur présence oppressante obscurci l’espace de terreurs enfouies, leurs mouvements évoquant tant la grâce saccadée et douloureuse d’une danse macabre qu’une coulée inexorable de matière indicible. Leurs yeux, deux puits insondables. L’esprit ne sait choisir s’ils sont malléables, concrets ou intangibles, en mouvement ou parfaitement immobiles.

Après une lutte acharnée qui semble indiquer que ces redoutables "créatures", faute de meilleure définition, semblent se nourrir de l'essence des mortels, insensibles aux attaques et craindre la lumière, elles sont finalement mises en fuite par l'arrivée d'un combattant maniant une lame solaire (Adalbert von Blumeberg). Les corps meurtris, le groupe parvient à rejoindre Corvellan, dans un bastion à proximité.

Bell Tower.jpg


Symbols TxT 3.png


Corvellan.jpg

Le bâtiment qui sert de garnison provisoire brille par sa simplicité : à peine une grande salle garnie de tables, empruntée à une maison du coin, mais le feu dans l'âtre y est vif. Une poignée de miliciens à la mine abattue relèvent à peine l'entrée du groupe dans le local surchauffé. Corvellan les accueille (Corvellan Illhausern, ci-contre). L'homme dans la petite trentaine semble compétent mais, comme beaucoup, manque cruellement de moyens. Sans être un officier du corps, il en fait office.
La discussion leur apprend qu'effectivement, les rumeurs de disparitions sont bien fondées, et que les créatures que Murtoch a identiffié comme des "Rakalinges" en sont probablement la cause. Ils les pensaient nocturnes, mais cette attaque a eu lieu en plein jour. Si tant est que l'on puisse qualifier de jour l'atmosphère plombée et le plafond nuageux qui semble s'être installé depuis la catastrophe. Il comprendrait qu'ils confirment les craintes des citoyens, mais leur demande, si possible, de ne pas aggraver la situation déjà précaire, la légion arrivée il y a peu ayant rencontré un écueil. Lui-même sait juste ce qu'on lui a transmis, à savoir empêcher que ces créatures pénètrent plus avant dans le quartier et tenir cette ligne de défense improvisée.

Par ailleurs, les nouvelles sont loin d'être réjouissantes. Plusieurs corps de cendre ont été retrouvé dans les rues et jusque des familles entières dans des maisons. L'incendie en était initialement considéré responsable, mais au vu des récents évènements les coupables semblent tous désignés. En dépit des afflictions qu'ils causent, aucune preuve irréfutable n'a cependant été apportée… De même qu'aucun remède connu. Mais le temple de l'Empereur pourrait avoir plus de réponses sur ce dernier point. De même qu'ils seront plus à même de mettre à profit les informations de Mira concernant les runes. S'il fait autorité parmi les gardes, Corvellan avoue sans peine être plus à l'aise sur le terrain d'exercice que dans les salles d'archives.
Murtoch leur fait part des souvenirs qu'il pense avoir de ces créatures, d’après les paroles d'une vieille fable ou comptine datant de leurs jeux d'enfants avec Lili : se réveiller, et courir et courir jusqu'à l'aube, se réfugier dans la lumière en dernier recours. Car les Rakalinges sont les miroirs brisés des rêves de l'humanité, des Rakshasas corrupteurs et pourvoyeurs de cauchemars.


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Fort de ses renseignements, le groupe se rend au Temple de l’Empereur, ou Temple de Lena, qui semble regrouper ce qu’il reste d’autorités compétentes et à même de prendre des mesures dans le district. Là non plus, la situation n’est pas idéale. L’esplanade où sont dressées de nombreuses tentes, principalement du surplus militaire et des échoppes marchandes réquisitionnées, a été transformée en hôpital de campagne pour traiter les cas les plus graves et abriter quelques démunis. La majorité ayant trouvé refuge chez des voisins, quelques bonnes âmes, ou des bâtiments mis à disposition. Si la situation est critique, au moins certaines personnes semblent prendre la mesure des actions à prendre et avoir suffisamment d’influence pour les faire appliquer.
Cependant, la hiérarchie ecclésiastique est décimée, les soins se font au compte-goutte, on leur demande même de prêter main forte, officiels tant que bénévoles parent au plus pressé dans cette cour des miracles improvisée. On leur confirme qu’il n’existe pas de remède connu à ce jour pour le mal qui les ronge, avant de les orienter vers certaines personnes à l’étage de la nef sud qui seraient à même de prendre le temps d’écouter, et comprendre, leurs histoires de runes pyrotechniques dans les nues.

Là, dans une alcôve reculée, est installé un campement de fortune : une simple couche où est étendu un vieillard inconscient qu’Alric reconnait immédiatement comme étant Yoric Blutmark, prélat et éminence du culte de Haënord, un bureau sommaire mais encombré d’un fatras hétéroclite d’ouvrages et ustensiles qui se répand jusqu’au sol, un fauteuil profond et confortable où est installée une jeune femme plongée dans une lecture à la lumière d’orbes flottants et manifestement magiques.

Elle se présente sous le nom de "Monica… Morgenstern, Mage de combat", et semble bien moins affectée par la situation que l’ensemble des personnes présentes au temple. Elle montre une érudition certaine et c'est de bonne volonté qu'elle répond aux interrogations du groupe, même si l’exactitude ne semble pas être dans sa nature première et que certains de ses propos portent à confusion… voir que les détails en soient proprement incohérents.

Elle confirme et complète ce que le groupe sait déjà sur les créatures. Qu'il s'agit de Rakshasas. Leur décrit leur origine et hiérarchie par le menu. Que leur comportement est ici fort inhabituel, qu'ils sont loin de leur milieu de prédilection et, questionnée sur la chose, que la simple lumière directe du soleil devrait guérir tous leurs maux. Il va falloir attendre une éclaircie.
Elle réfute cependant les rumeurs qu'ils ont pu entendre sur un Mausolée mis à jour au centre du champ de ruines, dans un large espace étrangement déblayé. Il s'agit probablement des restes isolés d'un bâtiment non loin de la Colline du Hêtre, quartier que nos citadins savent, sans réel fondement, avoir une réputation douteuse. Elle ajoute qu'une légion a investit la zone mais a subi de lourdes pertes avant de devoir se retirer devant la recrudescence et puissance accrue des entités et leur capacité d'impersonification. L'affaire est passée sous silence pour ne pas affecter la population, d'autres mesures devraient être prises sous peu et les corps statufiés des malheureux sont conservés à l'abris des regards. Elle-même en est fortement intriguée mais ne peut, par conséquent, se rendre directement sur les lieux. Elle propose au groupe de mener des investigations contre rémunération… avec résurrection dans le pire des cas, et leur adjoindra "Popol", une sorte de mini golem de glaise, promptement baptisé par Murtoch, qui servira d'intermédiaire et de guide pour éviter les menaces les plus évidentes. Décision est prise de passer la nuit sur place avant d'entamer une expédition qui pourrait s'avérer plus que risquée.

Selon les indications lacunaires de Mira, Elle rédige minutieusement une série de notes cabalistiques concernant les runes et le souvenir de ses observations, déclarant qu'elle va se pencher dessus et transmettre le tout aux autorités locales. Elle-même n'étant pas du coin, et seulement présente par un hasard fortuit. Hasard fortuit qui repose dans le lit, juste là. Selon ses propos, suite au carnage littéraire ayant frappé l'Ars Librarium, une mission de préservation des connaissances a été menée dans les départements les plus sensibles communément appelés "Bibliothèque Interdite". S'en suivent plusieurs minutes de commentaires sur l'absurdité de tout stocker en un seul lieu, de ne pas faire de copies, etc. bref.
Dans la précipitation et l'affolement général causé par le choc, un ouvrage parmi d'autres a malencontreusement été entrouvert par Yoric pour en vérifier le contenu et l'a plongé dans son état catatonique. En théorie, sa vie n'est pas en réel danger, mais… de toute façon il n'y a rien à faire qu'à attendre la fin de sa lecture.

L'ouvrage en question, surnommé "Épîtres Anonymes", est sobre et usagé, n'a aucun titre, sans signe distinctif ni aucune mention et réagit différemment selon les lecteurs. Il se dit qu'il a été "écrit" de la main même de Haënord et qu'il contient tous les possibles des histoires non encore contées. Il est révéré au titre de relique du culte et elle-même essaie de garder un œil dessus… depuis que sa sœur l'a lu par le passé. Elle semble plus le considérer comme un formidable outil de savoir anarchique, puisqu'on ne choisit pas le récit, qu'objet de culte si ce n'est qu'il a un léger inconvénient : le lecteur et les personnes qu'il imagine les plus à même de remplir le rôle des personnages de l'histoire se trouvent emprisonnés "dans" et "le temps" de la lecture. C'est avec certitude que le cercle de connaissances de Yoric a été affecté et plus que probable que nombre des élites de la citée soient entre les pages. Il est même arrivé à de rares occasions que certains en ramènent des artefacts quasi réels, ou agissants comme tels. Sans tenir compte de son statut d'objet de vénération, ça lui parait inenvisageable de le laisser tomber entre de mauvaises mains. Elle a donc pris les mesures nécessaires pour le pister ou être prévenue de son utilisation.
A la question de Murtoch, elle précise qu'en l'état le livre n'a ni titre, ni ne contient aucun mot en tant que tel. Qu'il se rédige au fil du récit et disparaitra au terme de la lecture. Laissant à sa place un ouvrage de parfaite innocuité avec l'histoire fraichement écrite et un titre en bonne et due forme. La lecture de sa sœur ayant généré une Romantasy épique mais sirupeuse qui a connu son petit succès auprès d'un public averti.

Monica Morgenstern.jpg
L H.jpg


La Colline du Hêtre[modifier]

> 6 de Januarius...

Expédition en terre inconnue…
C'est le sentiment général qui se dégage lorsque le groupe progresse avec une facilité déconcertante dans les décombres calcinés de leur citée rendue méconnaissable. Une zone connue plus tard sous le nom de Cendragon au vu de la dévastation causée. Popol doit connaitre son affaire, car après plusieurs heures, maintes haltes discrètes, détours et aucune rencontre désagréable, ils arrivent à une vaste zone de terrain ouvert : une étendue de terre meuble et fraichement travaillée. Ne manque que les semeuses, puisqu'il y a déjà les corbeaux. Il n'y subsiste strictement aucune trace visible de ce qui faisait l'un des quartiers les plus vivants de la capitale, ni le champ de ruines qu'ils viennent de traverser, ni même un corps, la terre est simplement mise à nue. Monica, qui l'avait observée à distance, n'avait elle-même aucune explication à fournir sur cette singularité. Seul se dresse un modeste bâtiment de pierre sombre aux ouvertures béantes à un jet de pierre de la colline, tel le triste et ultime chicot d'un indigent.

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La vue clairement dégagée sur plusieurs centaines de mètres permet d'observer le monticule de roche nue situé au centre de cette légère dépression. Ce qui concorde avec l'emplacement du quartier de la Colline du Hêtre, leur objectif.
Traverser ce terrain à découvert pourrait s'avérer risqué, car s'ils n'ont croisé âme qui vive, ils ont à plusieurs occasions remarqué d'étranges colifichets abandonnés au hasard des ruines ; tressés de branchages, ossements animaux, végétaux, poils et… ce qui ressemble à s'y méprendre à des lambeaux de restes humains. Quelques traces de pieds nus de la taille d'enfants ont également été relevées. Possiblement les gobelins qu'ils ont déjà croisés s'ils se sont aventurés si avant au cœur de la citée, mais ça reste peu probable d'après Mira. Reste que "quelque chose" de petit et vivant parcours les décombres.

Sans être parfaitement experts en la matière, ils constatent à distance que la colline semble être une orgue basaltique naturelle. Et probablement la source originelle de l'ancien pavage du quartier. Seule Mira qui en connait un peu plus sur le rayon leur expliquera que : "Le basalte est une roche ignée basique à grain fin contenant du feldspath plagioclase calcique essentiel et du pyroxène (généralement de l'augite), avec ou sans olivine… en l'occurrence, sans."
En s'approchant prudemment du bâtiment et de la colline, leur attention est attirée par la touche d'un blanc bleuté d'un petit parterre de fleurs sauvages bravant les éléments au pied de cette dernière. Intrigués, ils s'y dirigent pour constater qu'elles se sont épanouies autour d'un profond trou circulaire dont le contour est l'œuvre de la main humaine, ou d'un être pensant, une margelle de simples pierres à même le sol. Ceci leur rappelle vaguement la légende urbaine d'une fontaine à souhait dans le défunt quartier, mais rien d'aussi sommaire. Elara projette quelques globes lumineux pour en sonder la profondeur, et ils constatent qu'il plonge sur plus de 30 mètres et semble toujours fonctionnel au reflet d'eau claire que l'on distingue en contrebas, dans ce qui pourrait être une cavité plus importante.
L'ambiance du lieu leur semble par ailleurs quelque peu irréelle, toute à la fois pesante et légère. Telle une plongée en apnée au sommet d'une montagne, elle leur provoque comme des hallucinations collectives. Le mirage évanescent du reflet d'une seconde lune en surimpression dans le ciel. Ce dernier étant toujours aussi couvert et menaçant de chutes de neige imminentes. Nulle trace de l'éclaircie qu'ils avaient espéré trouver ici.




Che Sapel Popol...

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Laissant cela pour plus tard, ils se rendent au bâtiment qui, après un examen sommaire, s'avère être l'étage d'une structure enfouie plus importante. Une douzaine de pas de côté. Il n'en reste que les murs percés d'ouvertures partiellement enterrées et une autre, au centre, menant à un niveau inférieur. La construction est simple, sans style distinctif et aux proportions anormalement grandes avec ses voutes à presque 10 mètres. En inspectant les alentours, Murtoch a la confirmation qu'il avait bien noté des mouvements, la nuit précédente, lorsque Monica leur avait révélé le lieu à l'aide d'un bassin de claire vision. A nouveau, ces traces de pas d'enfant autour, mais qui s'introduisent également dans le bâtiment.
Sans être une promenade de santé, l'exploration tient, au pire, de la difficulté d'une balade en montagne un peu escarpée. Rien qui ne saurait arrêter nos citadins audacieux…

Mais, sans être pour autant insurmontable, la descente vers les niveaux inférieurs s'avère finalement moins aisée que prévue. Les accès étant de simples ouvertures au centre des pièces. Après s'être encordés, Murtoch progresse en éclaireur dans une première pièce enterrée, puis une seconde aux dimensions plus imposantes.
Ce qu'il reste des fournitures et, il semblerait, aménagements en bois et autres éléments organiques a été inexorablement réduit en une pulpe vermoulue méconnaissable, rien de notable ou de réelle valeur. Mais toujours ces petites traces de passage qui ne semblent nullement gênées par la configuration des lieux, comme l'indiquent les marques discrètes aux murs et plafonds.
Sans avoir la connaissance de la citée d'un architecte ou géomètre impérial, l'atmosphère de ce bâtiment manifestement antique est oppressante, mais reste respirable en dépit de ce qui pourrait être des siècles de confinement.
Prudemment descendu au niveau le plus bas, une salle d'une trentaine de mètres, Murtoch scrute les débris qui se perdent dans les ombres qui tapissent les murs et y discerne deux ouvertures béantes vers des profondeurs inconnues. Les lumières dansantes de ses compagnons qui l'encouragent discrètement à distance respectable depuis l'ouverture, à une dizaine de mètres au-dessus de lui, aident, mais de peu. Peut être une lumière pâle dans un coin et quelques pièces de métal oxydé qui dépassent de la décrépitude ambiante.
L'ensemble lui fait l'effet d'être enterré vivant, ou de l'être sous peu. Surtout cette impression atroce d'entendre comme les murmures discrets, à la limite de l'audible, d'une litanie incompréhensible et rauque… Qui s'accorde parfaitement avec les fresques primitives qui ornent les murs. Autant de tâches, traces et symboles abstraits d'origine inconnue et étrangement dérangeants. Tous les sens en alerte, il a même l'impression subjective de distinguer comme l'écho de martèlement de sabots, perdus dans le lointain des profondeurs. Serait-ce une nouvelle hallucination, ce sentiment que l'obscurité l'observe depuis les arches ?

C'en est trop ! Raisonnablement, une retraite précipitée serait hasardeuse pour le groupe par cette simple corde d'escalade. Comme tous les gosses, il a connu son content d'histoires d'horreur d'aventuriers téméraires explorateurs de tombeaux ouverts, dont certains encore assez vivants pour les raconter. Et c'est sans compter les prouesses athlétiques d'oncle Alric. Même pas sûr qu'il puisse remonter sa bedaine…
Discrètement, avec une prudence hâtive, il se hisse le long de la corde pour faire un rapide compte rendu à ses compagnons. Ils remontent à la surface pour retrouver Theomer et Trixie qui assurent les arrières en savourant les restes de quelques maigres côtelettes de vieux mouton que leur a aimablement accordé un intendant du temple. Décision est finalement prise d'examiner le Puit du Fou.


Le Puit du Fou[modifier]

Le mouton était daubé !..
Une légère indisposition empêche malheureusement Theomer et Trixie de soutenir, autrement que verbalement, le groupe qui inspecte les abords du puit pendant qu'Alric en profite pour cueillir quelques fleurs. Rien de notable à leur sujet, si ce n'est que nul botaniste n'est nécessaire pour préciser que "des fleurs en cette saison ? Il gèle à pierre fendre !" Les choses sérieuses commencent...

Murtoch se propose de faire une reconnaissance et entame une descente prudente. La manœuvre n'oppose pas de réelle difficulté car le boyau de presque un mètre lui permet de s'arc-bouter aisément et des anfractuosités régulières semblent former une échelle maçonnée. Une corde sera cependant assurée pour les autres membres moins à l'aise dans ce genre de situation. Ayant descendu l'intégralité du conduit, il constate que celui-ci débouche sur une cavité partiellement inondée plus que suffisante pour s'y tenir debout à plusieurs ; même si les parties hors d'eau sont tapissées d'un monceau de pièces de monnaie variées, et d'époques diverses, qui doit les rendre hasardeuses. Deux tunnels en partent. La corde pend à un bon mètre au-dessus de la surface du réservoir d'eau claire qui semble naturel, peu profond et alimenté par plusieurs ruisseaux, ou l'inverse. Les choses leurs paraissent certainement trop simples…
s'ensuit un conseil stratégique qui aboutit, après délibération, à l'élaboration d'un ingénieux système de Tyrolienne : la corde attachée à une poutre calée à mi-hauteur et tendue par Murtoch dans la grotte devrait permettre aux suivants de ne pas se mouiller les chausses. Si le plan d'action révèle les talents d'ébéniste arcanique d'Alric, le succès est cependant mitigé. Tout le monde arrive en bas, plus ou moins trempé, mais sans plus de dommages.
L'un des tunnels, maçonné, s'oriente vers la construction souterraine qu'ils viennent de quitter, ils trouvent donc plus prudent d'explorer le second, d'aspect plus naturel, qui s'enfonce à l'opposé vers ce qui doit être le cœur du tertre. Après une trentaine de mètres de parois basaltiques ils débouchent sur une vaste caverne que doit constituer l'intégralité de la Colline du Hêtre, telle une gigantesque géode magmatique.

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Ils se sentent écrasés par le gigantisme de la caverne surréaliste qui se dévoile devant eux et réveille les souvenirs de fables sur l'Underdark qui font le tour des tavernes. Aisément plus vaste que la portée d'un arc long, pour un archer accompli. D'improbables troncs pétrifiés s'élancent vers les hauteurs, à une bonne quarantaine de mètres, où les ramures soutiennent une voute tapissée de cristaux d'un blanc laiteux qui illuminent la scène d'une clarté lunaire. A leurs pieds, une douce brise fait onduler un tapis floral du même blanc bleuté qui s'étend à perte de vue, mais dont la première impression bucolique est gâchée dès la découverte des nombreux ossements qui le parsèment. Plusieurs ruisseaux provenant d'autres tunnels semblent former un circuit complexe et concentrique. Tout semble indiquer que le centre est le point focal de l'ensemble par trop géométrique pour être parfaitement naturel. Les restes rougeoyant de plusieurs brasiers n'y suffisent qu'à souligner les contours de quatre statues monumentales aux mains jointes. Ces colosses bruts d'adamant et d'obsidienne semblant maintenir, ensemble, une chose encore indiscernable, tels les vainqueurs de quelque improbable trophée.


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Le regard attiré par Le mouvement de plusieurs créatures lumineuses dans le lointain, le groupe s'approche prudemment du centre de la grotte pour y découvrir que des mains réunies de ces "géants de pierre" s'écoule un filet d'un ichor noir et visqueux. Le processus leur parait antérieur à la catastrophe de plus d'une semaine, au vu du volume conséquent de liquide qui s'est accumulé en bloblotant au fond d'une large dépression sphérique creusée à l'aplomb. Ce n'est pas sans leur rappeler l'aspect huileux des Rakalinges.
Les créatures, qu'ils discernent mieux à présent, ne semblent pas hostiles. Les quatre sortes de Yacks à trompe, courtes pattes et fourrure bleuté – ou, est-ce un effet de lumière ? - lévitent paresseusement un peu plus loin. Probablement deux adultes de presque deux mètres et leur portée. Le groupe arrive à la conclusion qu'ils sont sans doute la source de la lumière diffuse réfléchie par les cristaux de la voute.

Sans plus de menace immédiate ni l'ombre d'une hésitation, inquiet de la source du liquide, Murtoch entreprend l'escalade d'une statue par la face nord. Puis progresse prudemment, à califourchon sur les avant-bras jusqu'aux mains réunies, attentif à ne pas chuter dans les sécrétions noirâtres, quelques six mètres plus bas.
Depuis son poste d'observation culminant, il découvre premièrement que les ossements qui jonchent le sol, forment comme le motif en spirale d'une gigantesque coquille mais surtout que l'objet qui y est si précieusement maintenu semble de bois. Ils apprendront plus tard qu'il s'agit d'une cosse, de taille imposante. Dans celle-ci est fiché ce qui s'apparente au tranchant d'une lame de bronze. Un ouvrage brut, sans raffinement ni même de garde, mais qui n'est en rien responsable de l'écoulement, ils l'apprendront également plus tard. Sur la cosse est aussi badigeonnée ce que certains nommeraient, avec une certaine inquiétude, une rune de sang.

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Dans la ferveur de l'instant, n'écoutant que son courage et persuadé que la "lame" est la cause initiale de la présence des horreurs de la surface, tel Arthur au pied du roc, Murtoch tend une main peu assurée pour dégager la pièce de métal… avant de s'arrêter face aux invectives inquiètes de ses compagnons.
Une branche, comme animée de vie propre, s'est mise à croitre avec une vigueur toute serpentine depuis l'un des piliers. Il n'aura fallu qu'un instant pour que s'épanouisse à son extrémité, jusque dans le dos de l'habile monte-en-l'air, ce qui ressemble à s'y méprendre au buste gracile d'une femme de bois... Après tout, il y a bien des hommes de paille.
Sans le moindre contact, ni trace d'émotion dans son visage impassible aux yeux insondables, cette dernière l'arrête d'un geste tendre et gracieux… tout autant qu'impérieux.


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à suivre...